Pourquoi les régimes échouent, ce que dit le corps
Reprendre le poids perdu n’est pas un échec personnel, mais la réponse prévisible d’un corps qui se défend. De quoi arrêter de s’en vouloir.
Vous avez déjà perdu du poids. Peut-être plusieurs fois. Et à chaque fois, il est revenu, souvent avec un peu plus. Si vous en concluez que vous manquez de volonté, cet article est pour vous.
Pourquoi le corps reprend-il le poids perdu ?
Parce qu’il ne sait pas qu’il s’agit d’un régime. Pour votre organisme, une restriction est une famine. Il ne fait pas la différence entre un programme choisi et une pénurie subie. Il réagit donc comme il l’a toujours fait pour survivre : il ralentit sa dépense énergétique, augmente les hormones de la faim, réduit celles de la satiété, et rend la nourriture, surtout dense et sucrée, beaucoup plus attirante.
Autrement dit, les envies irrépressibles qui suivent un régime ne sont pas une faiblesse. Elles sont le signe que votre corps fonctionne parfaitement.
Qu’est-ce que le cycle restriction-compulsion ?
La séquence est presque toujours la même. Restriction, frustration qui monte, craquage, culpabilité, promesse de mieux faire, restriction plus stricte. Chaque tour de boucle renforce l’idée que vous n’êtes pas capable, et rend le suivant plus probable.
Ce cycle a un autre effet : il coupe le lien avec vos sensations. À force de manger selon des règles, on ne sait plus reconnaître sa faim, sa satiété, ni ce qui fait vraiment plaisir.
Que disent les études sur l’efficacité des régimes ?
Les grandes revues de littérature sur les régimes convergent : à cinq ans, la majorité des personnes ont repris le poids perdu, et une part significative pèse davantage qu’au départ. C’est la conclusion de la revue de Traci Mann et de ses collègues, parue en 2007 dans American Psychologist. Les régimes prédisent aussi les compulsions alimentaires et une moins bonne image de soi. Ce n’est pas vous. C’est la méthode.
Comment sortir de la boucle des régimes ?
Sortir de la mentalité de régime ne veut pas dire renoncer à prendre soin de soi. Cela veut dire changer d’outil : remplacer les règles par des sensations, la punition par la curiosité, la balance par des repères qui vous appartiennent, énergie, sommeil, paix d’esprit.
C’est un chemin, rarement une ligne droite. Il commence souvent par un deuil, celui du corps rêvé, et se poursuit par une découverte : celle d’un corps que l’on peut enfin écouter.